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Les éditos 2010 - Mai - Edito n° 53
Mouez Penmarc'h, Mai2010
Chères retraites
Rallonger la durée de cotisation, diminuer le montant des prestations, mettre à contribution le capital camouflé dans les « niches » ou derrière le bouclier fiscal? Même s’il a été occulté durant quelques temps par les cendres d’un petit démon islandais, le débat sur les retraites s’impose à nous chaque jour : points de vue dans la presse, à la télévision et sur les radios. C’est même l’objet de quelques conchennou et autres brèves de comptoir… Les évolutions démographiques et la durée de vie qui s’allonge imposent, c’est incontestable, de revoir le système. Mais chacun, selon sa conception de la société, de proposer sa solution : maintien de la retraite par répartition, comme elle existe jusqu’à présent chez nous, ou passage à la retraite par capitalisation comme en Allemagne ou aux Etats-Unis. L’une et l’autre ont leurs inconvénients : pour la première, il faut soit reculer l’âge de départ, soit élargir l’assiette des contributions … ou les deux ! Pour la deuxième, le risque vient de ce que tout dépend de l’état de santé des marchés boursiers au moment de la cessation d’activité et lors de la dernière crise financière ceux qui y étaient assujettis ont compris leur douleur ! Quoi qu’il en soit, ce formidable progrès social que fut, il y a maintenant plus d’un demi-siècle, l’institution d’une « assurance vieillesse » pour tous les salariés tremble aujourd’hui sur ses bases.
C’est après guerre, en 1945, que se concrétisa la volonté politique de garantir un revenu après la fin de l’activité professionnelle. Mais le système initialement envisagé avait ses zones d’ombre : rien n’était prévu pour ceux et celles qui, après une longue vie de labeur, ne pouvaient justifier de leurs années de travail à une époque où les bulletins de salaire n’étaient pas obligatoires. Ici, sur la côte, il fallut l’obstination et la force de conviction des responsables syndicaux des conserveries pour que se dégagent des solutions et que pour les ouvrières les plus âgées « vieillesse » ne soit plus synonyme de « misère ». Engagement d’autant plus remarquable qu’il fut le fait de femmes, à une époque où le droit de vote venait tout juste de leur être accordé ! Parmi ces militantes, Anna Donnard de Saint-Guénolé, qui accéda à des responsabilités syndicales et dont la coiffe bigoudène était très remarquée à la tribune de rencontres nationales, voire internationales (lire en p 4 et 5).
Pauvres retraites d’hier, chères retraites d’aujourd’hui, l’histoire sociale est un éternel combat !
Pierre PORTAIS
Date de création : 05/05/2010 @ 00:26
Dernière modification : 05/05/2010 @ 00:26
Catégorie : Les éditos 2010
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