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Les éditos 2010 - Janvier - Edito n° 49

Mouez Penmarc'h, Janvier 2010


Bonne année, bonne santé... et bonne identité !

L’année qui vient de s’écouler ne restera pas marquée dans les mémoires comme un crû des plus fastes ! On ne comprend pas toujours d’où ça vient - la crise boursière a bon dos ! - mais c’est ça la mondialisation : budgets personnels plus serrés, marché de l’emploi plus précaire, finances locales déstabilisées, services publics mis à mal… Quand on regarde ces évolutions à notre niveau, c’est à dire au ras des pâquerettes, ce n’est pas la joie !

Alors, histoire de nous donner à penser « plus haut », on nous invite à débattre de … l’identité nationale ! Vaste question ! Qui est français ? Celui qui connaît toutes les paroles de la Marseillaise,  même les  plus sanguinaires ? Qui a la couleur de peau qui va bien ? Qui met sa casquette dans le bon sens  (attention sur les galochodromes !) ? Ceux qui portent un nom qui n’écorche pas les oreilles du gotha parisien? Qui causent « prop’ », sans ces accents qui sentent bon les régions ?  Et ne parlons pas de ceux qui pratiquent ces langues dites « minoritaires »  que sont, entre autres, le basque, le corse, l’occitan et, bien sûr chez nous le breton ! Au plus haut niveau, on nous avait promis une loi pour la protection et la promotion des langues et cultures régionales. En Bretagne, des élus de toutes tendances politiques ont réclamé son instauration. Mais curieusement, depuis le lancement du débat sur l’identité nationale, la question est sous l’éteignoir, comme si elle mettait en péril l’unité de la République. Une vision centralisatrice d’un état uniforme qui nous ramène un siècle en arrière !

Voici qui ne manquerait pas d’interpeller ces enseignantes qui, les premières, ont su s’affranchir des vieux principes des « hussards de la République » pour éradiquer la langue bretonne en interdisant son usage à l’école. C’est à Saint-Guénolé, à l’école publique, que fut menée à partir de 1967 l’une des toute premières expériences de bilinguisme à l’initiative de Mme Sénéchal, la directrice de la maternelle. On lira en pages centrales une rétrospective de la mise en place de cette méthode qui a démontré son intérêt d’un triple point de vue : linguistique, psycho-pédagogique et culturel. Et qui, que l’on sache, n’a jamais empêché personne de se sentir français …tout en se sachant breton !

Alors, bonne année, bonne santé, bloavez mat, yec’hed mat, mixez le tout, ça vous donnera une bonne et saine identité ! 


Pierre PORTAIS

Pour donner un repère, un amer, de plus à nos abonnés, nous leur offrons cette année encore une reproduction d’un tableau d’Eric Floc ‘h. Après Saint-Guénolé, l’église Saint-Nonna et Saint-Pierre, c’est son regard sur Kérity qu’Eric a choisi de nous faire partager. Merci à lui, encore une fois ! 

Date de création : 08/01/2010 @ 22:55
Dernière modification : 08/01/2010 @ 22:59
Catégorie : Les éditos 2010


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